Le «manque de transparence» de Clinton épinglé par la presse après son malaise

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Le «manque de transparence» de Clinton épinglé par la presse après son malaise

Date: 12 September 2016 | 11:10 am

REVUE DE PRESSE – Les médias américains s’interrogent sur les conséquences de la pneumonie de la candidate révélée dimanche. Mais plus que son état de santé, c’est le manque de communication de la campagne Clinton qui inquiète.

La vidéo, tournée par un amateur, tourne en boucle sur les chaînes et les sites d’information américains: Hillary Clinton, qui vient de quitter la cérémonie d’anniversaire du 11-septembre à New York, chancelle puis perd l’équilibre avant que des membres de son équipe ne la rattrapent. Son entourage, après avoir évoqué «un coup de chaud», imputera quelques heures plus tard le malaise à une pneumonie diagnostiquée vendredi.

La presse américaine s’interroge aussitôt: la campagne de Clinton va-t-elle, elle aussi, trébucher? L’incident survient en effet au plus mal pour la démocrate: alors que les sondages montrent une nette remontée du candidat Trump, Hillary Clinton avait dû présenter ses excuses samedi après avoir qualifié une partie des électeurs de son rival de «déplorables».

» Clinton s’excuse après s’en être prise aux électeurs de Trump

Clinton «forcée de s’exprimer» sur sa santé

Le malaise contraint, pour sûr, la candidate à révéler plus d’informations sur son état de santé, relèvent lundi les médias américains comme le New York Times. Depuis son hospitalisation en 2012 pour traiter un caillot de sang dans la tête, la candidate âgée de 68 ans est en effet régulièrement questionnée sur ce sujet. Elle n’a à ce jour publié qu’ «un seul document de deux pages qui soulève plus de questions qu’il n’en résout», regrette dans une tribune du Washington Post David L. Schiner, qui fut le médecin personnel de Barack Obama.

Un angle d’attaque qui n’a pas échappé à Donald Trump, de deux ans son aîné et qui a pourtant dévoilé encore moins d’informations sur sa santé: le milliardaire accuse régulièrement sa rivale de manquer d’énergie et certains de ses partisans ont été jusqu’à diagnostiquer la maladie de Parkinson à la candidate après une quinte de toux lors d’un rally la semaine dernière.

«Ridicule», réagissait alors Chris Cilizza, éditorialiste influent du Washington Post, qui dénonçait «les théories du complot» des partisans de Trump. Le ton du journaliste était radicalement différent dimanche : le malaise de la candidate «catapulte les questions de son état de santé au centre de la campagne présidentielle» et «forcera à Clinton à s’exprimer» sur le sujet, écrit Chris Cilizza.

«Pourquoi n’ont-ils tout simplement pas dit qu’elle avait une pneumonie?»

Ce n’est cependant pas tant le diagnostic médical qui inquiète les commentateurs de la presse américaine que la gestion de l’incident par son équipe de campagne. «Pourquoi n’ont-ils tout simplement pas dit qu’elle avait une pneumonie?», s’interroge ainsi Politico. Le site d’information retrace le fil des événements: le premier communiqué officiel ne reconnaît pas qu’Hillary Clinton a dû quitter la cérémonie plus tôt que prévu, ni qu’elle a manqué de s’évanouir. Trois quarts d’heure plus tard, «Clinton elle-même a cherché à montrer que tout va bien en sortant de l’appartement de sa fille Chelsea, déclarant ‘Je me sens très bien, c’est une très belle journée à Nex York’.» C’est seulement après la publication de la vidéo la montrant chancelante, que l’équipe de campagne révèle que la candidate souffre d’une pneumonie.

Les journalistes, tenus à l’écart dès le début de l’incident, n’ont pas caché leur frustration, soulignent à la fois Politico et le Washington Post. Ces manières «secrètes» n’ont fait qu’empirer l’incident, estime ce dernier: «le manque d’informations pousse toujours les journalistes à se demander si quelque chose de plus grave est en train d’être dissimulé».

Plus généralement, l’ensemble des médias américains regrette le manque d’accès aux deux candidats à la Maison-Blanche. Aucun ne dispose d’un «protective pool», un groupe de journalistes accrédités pour les suivre en permanence, un protocole pourtant habituel à ce stade de la campagne. Cette pratique révèle bien que les deux candidats ont réussi à tenir à distance la presse, souligne notamment Bloomberg, et qu’«ils contrôlent davantage les médias que les candidats des élections précédentes», conclut CNN Money.

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