Alstom : l'Etat savait-il ?

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Alstom : l'Etat savait-il ?

Date: 15 September 2016 | 6:54 am

Le gouvernement s’est donné “dix jours pour apporter des réponses” aux salariés de l’usine Alstom de Belfort. Et des réponses, ils en attendent. Ils veulent notamment savoir ce que le gouvernement savait du projet de fermeture de l’usine.

Un coup de poing en pleine figure. Dans ma ville, la colère gronde

L’attaque est venue de l’ancien ministre du Redressement productif. Dans le viseur d’Arnaud Montebourg, les deux représentants de l’Etat qui siègent au conseil d’administration d’Alstom, nationalisé à 20%. Le désormais candidat à la primaire de gauche a lancé lors d’une visite du site :

“Ils savaient et ont dûment informé leur ministre, et donc le président de la République et le Premier ministre, des menaces qui planaient sur Belfort.” 

“Lorsqu’on est actionnaire de la SNCF, […] quand on est actionnaire de référence pour Alstom, quand on est des deux côtés, on sait tout. Et je crois que les multiples courriers qui ont été rendus publics par des élus du Territoire de Belfort, les interventions des organisations syndicales démontrent qu’à l’évidence le gouvernement savait tout. Je regrette qu’il n’ait rien fait”, a conclu Arnaud Montebourg.

“Aucune information” selon Le Foll

L’annonce “a été faite sans aucune présentation en conseil d’administration, où il y a une représentation de l’Etat”, répond Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. Il l’assure, l’exécutif n’avait reçu “aucune information”.

Hollande fait du Montebourg, qui fait du Sarkozy, qui flingue Macron

Secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies est sur la même ligne : “Nous avions des inquiétudes mais pas focalisées sur Belfort”, a-t-il affirmé sur Europe 1.

“Avec 14 députés et sénateurs, nous avons alerté sur la situation inquiétante des carnets de commandes d’Alstom. Plusieurs courriers ont été envoyés à Vidalies, Macron et même au président de la République entre juin 2015 et septembre 2016”, affirme pourtant Cédric Perrin,  sénateur LR du Territoire de Belfort. Des inquiétudes.

Pour une nationalisation d’Alstom

La gauche de la gauche veut avancer et aller au-delà de la polémique. Députés et sénateurs du Front de gauche réclament un débat au Parlement “sur la politique industrielle de la France”.

Jean-Luc Mélenchon va plus loin. Dans une tribune publiée par “Le Monde”, le député européen candidat à la présidentielle estime que “la nationalisation d’Alstom Transport est indispensable”.

“Il est temps de comprendre qu’il vaut mieux parler de locomotives que de maillots de bain dans ce pays”, tacle Jean-Luc Mélenchon qui assure réclamer la nationalisation d’Alstom “depuis 2014 et le sabordage de la branche énergie.”

A Belfort où, mercredi soir, les élus de la ville ont voté à l’unanimité une motion demandant le “maintien d’Alstom” sur son site historique, l’intersyndicale d’Alstom appelle à un débrayage le 27 septembre.

L.M.

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