Placer les fichés S en centre de rétention : la droite remonte au créneau

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Placer les fichés S en centre de rétention : la droite remonte au créneau

Date: 12 September 2016 | 11:21 am

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, a estimé lundi 12 septembre que le candidat à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy allait “trop loin” quand il a proposé de placer les fichés S dans des centres de rétention. Qu’en est-il des autres candidats à la primaire de droite ? 

Sarkozy : pour des centres de rétention

Dans une interview au “JDD“, donnée dimanche 11 septembre, Nicolas Sarkozy s’est placé une nouvelle fois en figure de proue de la sûreté du pays face aux menaces d’attentats. L’ancien président du parti, les Républicains, dénonce le manque de fermeté dans les mesures prises par le gouvernement contre le terrorisme, et propose d’aller plus loin. L’idée est d’interner les fichés S en rétention administrative préventive, et sans attendre si possible. Il lance pour justifier la mesure :

“Plus nous tarderons à adapter l’Etat de droit, à la réalité de la menace, moins nous assurerons la sécurité des Français, que notre devoir est de protéger.”

 “La rétention administrative préventive existe déjà dans notre droit. Chaque année 70.000 français qui représentent des troubles psychiatriques sont enfermés sans décision préalable d’un juge», ajoute-t-il.

Comme eux, les étrangers, en situation irrégulière en France, peuvent être placés dans des centres de rétention en attendant que leur reconduite aux frontières soient mise en œuvre. “Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose pour la centaine d’individus dangereux suspectés de lien avec le terrorisme?”, s’interroge l’ancien président.

Juppé : pour des centres de rétention… sous condition

Est-ce la fermeté du discours de son concurrent à la primaire de la droite qui a poussé Alain Juppé dans ses retranchements ? Interrogé sur “France 2” en fin de journée dimanche, l’ancien Premier ministre a défendu une position plus dure que lors de ses précédentes déclarations : 

“Il faut mettre hors d’état de nuire les fichés S”

Il a ensuite fait la distinction entre “les suspects d’actes terroristes”, pour lesquels “la justice a tous les moyens de les poursuivre et de les incarcérer”. Et ceux pour lesquels “il n’y a pas de preuve évidente de lien avec le terrorisme, qu’il faut selon lui “neutraliser”. “On peut le faire avec l’Etat d’urgence. Les préfets ont la possibilité de les mettre en résidence surveillée”.

Sur le placement en centres de rétentions, Alain Juppé prend des pincettes : 

“Je suis tout à fait favorable à ce qu’on les mette en centre de rétention. A une condition, c’est que nous respections un principe fondamental : que l’autorité judiciaire est garante des libertés publiques”, exprime-t-il. Il se dit aussi hostile à un Guantanamo à la française”. 

Mariton : la rétention, mission impossible

Hervé Mariton, est plus sceptique. Dans une interview donnée ce lundi 12 septembre, à “Europe 1“, le député LR de la Drôme, candidat à la primaire de droite, exprime son opposition à l’internement des fichés S. “Pas de rétention administrative. Une mesure qui semble flirter avec la délation”,

“Au fond, mettre tous les fichés “S” en rétention, c’est impossible numériquement et juridiquement. On va me dire qu’on peut toujours imaginer les lois qui le permettraient… la réponse est non.”  

Il estime par ailleurs qu”il faut faire un tri. Ce tri est en partie réalisé”. Il suggère de “trouver les procédures qui permettent mobiliser les moyens de suivi des fichés S”. Plus de suivi mais pas de rétention. 

Charles Thiefaine

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