"Marine à l'eau de Javel"

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"Marine à l'eau de Javel"

Date: 12 September 2016 | 8:45 am

marine-le-pen-61_5573477Madame. Chez Monsieur de Bouleau, vous nous étonnâtes. Amincie, enjouée, moins abrupte qu’à votre accoutumée, vous voici donc éloignée de cette image de walkyrie cassante qui vous collait comme sparadrap.

Vos imagiers et maîtres à penser ont passé un été bien studieux: ils ont blanchi sous le harnois cependant que vous étiez portée disparue, murée en un silence monacal qui laissa un temps penser que vous aviez fait retraite chez les Dominicaines.
Nous ne vous vîmes point, ne vous entendîmes nullement après les odieux attentats de Nice et de Saint-Etienne du Rouvray.
Où étiez-vous donc passée, Madame?
Vos zélotes, vos affidés, vos disciples savaient-ils seulement que vous étiez toute à vous employer de lisser votre nouveau personnage, à travailler l’apaisement, votre nouvelle doxa?
Aux vendanges, nous découvrîmes une « New Marine », consciencieusement javellisée, délivrée de ses épines, toute de chattemite et de gracieuses façons.
Ceinte d’une étoffe d’un rouge pétard, nous restâmes baba. Adieu noir funèbre, gris souris, votre ancienne garde robe de commando.
Par le Ciel, Madame, auriez-vous sollicité les préceptes de Madame Cordula, arbitre des élégances parisiennes?
Vous vous montrâtes diserte, affable et pour une fois disposée à la subir la contradiction ce qui, selon vos proches, ne vous ressemblerait guère.
Serait-ce là le prix à payer à des fins de ceindre la couronne de France?
Vous voici donc dans l’antichambre du sérail, de l’établissement, de la convenance…
Il n’est que de voir vos affiches, Madame: les vieux slogans, les oriflammes ringards, tout ainsi que votre patronyme: aux orties! Avec votre garde robe passe muraille de bonne soeur laïque.
Place à la « New Marine », savamment relookée: vous présenterait-on à Madame Mère, à présent que vous vous dédiabolisez?
Vous n’êtes donc plus Marine Le Pen, mais Marine tout court. Affranchie d’une histoire tumultueuse qui vous pesait comme la tunique de Nessus.
Vous nous savez indiscrète, Madame, et souvent irrévérencieuse: mais une question nous taraude au point de gâter nos nuits: nous vous vîmes amincie, pourvue d’une silhouette de sylphide que les épreuves avaient jusques alors quelque peu alourdie.
Auriez-vous, Madame, fait vôtre le régime du vidame Mélenchon, le camarade Quinoa?
Vos proches, vos prétoriens, expliquent mezza voce que cette métamorphose procède de votre volonté d’être, selon vos mots, « l’avocate du peuple français ».
Voici, à n’en point douter qui est plus seyant que mander avoir « fait don de sa personne à la France », qui dispense de biens malodorantes effluves.
Même votre discours, Madame, se trouve être copieusement javellisé.
Nous ne crûmes point nos oreilles lorsque nous vous entendîmes tenir de bien confiturés propos sur l’Islam. Quitte, pour ce faire, à moucher ce braillard de Monsieur de Ménard: « C’est moi qu’il faut écouter », tranchâtes-vous à l’encontre du roitelet de Béziers.
Vous nous gratifiâtes d’une visite privée de votre cabinet: une pièce toute simple, dévolue à votre harassante charge, tout juste adornée de portraits de Jeanne d’Arc et de vos chats.
Avouons, Madame, que ne fûmes guère sensible à cette mise en scène tout juste digne d’un magazine en mal de copie.
Pour renfort de potage, vous confiâtes, Madame, que vous étiez « abrupte » et que vous employiez à présent à « arrondir les angles ». Dans la foulée de cette éblouissante autocritique, vous ajoutâtes, in ultimo, que vous étiez « sincère ».
Légèrement éberluée, nous nous ouvrîmes de notre questionnement à notre ami Artois qui daigna grogner une sentence sans appel: « Du pipeau! »

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