Londres donne le top départ au projet Hinkley Point d'EDF

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Londres donne le top départ au projet Hinkley Point d'EDF

Date: 15 September 2016 | 7:15 am

Le gouvernement britannique a donné son accord pour la construction par le groupe français EDF de deux réacteurs nucléaires. Un projet à 21 milliards d’euros, dont un tiers sera financé par le groupe public chinois CGN.

Cette fois est la bonne pour le projet géant d’EDF à Hinkley Point en Grande-Bretagne. Le nouveau gouvernement britannique de Theresa May a en effet donné aujourd’hui son feu vert à la construction au sud-est du pays de deux réacteurs nucléaires EPR par le groupe public français. «Nous avons décidé de la construction de la première centrale nucléaire depuis une génération», a expliqué le ministre aux Entreprises, Greg Clark, dans un communiqué. L’Élysée confirme que la première ministre britannique a appelé hier soir François Hollande pour l’informer de l’accord.

Le coût est estimé à 21 milliards d’euros (18 milliards de livres), dont un tiers sera financé par le partenaire chinois d’EDF CGN. L’officialisation de cette décision pourrait être assortie de plusieurs conditions supplémentaires dont les promoteurs de Hinkley Point veulent croire qu’elles ne seront pas de nature à remettre en cause le projet.

Londres a entretenu le suspense depuis fin juillet, quand Theresa May, arrivée au 10 Downing street par accident après le référendum sur le Brexit, a décidé de prendre le temps de réexaminer tout le dossier, validé par son prédécesseur David Cameron, avant de l’approuver. Une péripétie de plus pour un projet qui a enflammé le débat public de part et d’autre de la Manche. En France, le dossier a pris un tour polémique. Pour ses promoteurs, au gouvernement et à la tête d’EDF, Hinkley Point est la clef de l’avenir de l’électricien et de la filière nucléaire française. Les deux réacteurs leur permettront de consolider les compétences tricolores dans l’atome civil. Et si tout va bien, ils représenteront 9% de rentabilité et 3 milliards d’euros d’ebitda par an pour edf. Si tout va bien … Car pour les détracteurs du projet, l’EPR a fait les preuves de ses limites à Flamanville et en Finlande où les chantiers multiplient retards et surcoût. Chez EDF, le projet a été définitivement voté fin juillet par le conseil d’administration, malgré les voix discordantes de plusieurs administrateurs et notamment des représentants des salariés.

Lourde facture pour Londres aussi

Vu de Londres, deux sujets ont créé de l’incertitude. Ce qui pour EDF est vu comme une belle opportunité d’investissement est considéré, outre-Manche, comme une facture hors de prix. Le gouvernement britannique s’est en effet engagé à garantir le courant des deux EPR à 92,50 livres le MWh quel que soit le prix de marché. Certaines études estiment que le contribuable anglais y sera pour 100 milliards de livres de sa poche sur les trente-cinq ans du contrat. «Si Londres veut renégocier le prix, le projet est mort», confiait il y a quelques jours une source proche du dossier.

Autre point clef: le rôle de Pékin dans ce projet. La Chine veut sa place sur le marché international de l’atome civil, dont elle est, pour ses propres besoins, le principal moteur. Son investissement à Hinkley Point de 6 milliards de livres n’est qu’une étape. Elle a obtenu de David Cameron le droit de construire ensuite son propre modèle de réacteur, le Hualong, sur le site de Bradwell. L’équipe de Theresa May a soigneusement pesé cette décision délicate, certains jugeant l’approvisionnement électrique du Royaume Uni trop stratégique pour être confié aux Chinois et encourageant la nouvelle dame de fer à revenir sur la politique de son prédécesseur qui avait «déroulé le tapis rouge» aux investissements chinois. Autant dire que cet été, Hinkley Point est un dossier qui a animé les chancelleries et négociations diplomatiques entre Londres, Pékin et Paris.

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