Bonbonnes de gaz : opération antiterroriste en Essonne

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Bonbonnes de gaz : opération antiterroriste en Essonne

Date: 8 September 2016 | 7:59 pm

VIDÉOS – Parmi les trois femmes figure la fille du propriétaire de la Peugeot découverte à Paris dimanche, près de Notre-Dame. Elle a été blessée par balle alors qu’elle poignardait un policier. Les trois «radicalisées» préparaient de «nouvelles actions violentes et imminentes».

Trois femmes soupçonnées de graviter dans la mouvance islamiste interpellées dans l’Essonne, dont une qui a tenté d’assassiner un policier au couteau avant d’être blessée d’une balle par un fonctionnaire en état de légitime défense… Quatre jours après la découverte, dimanche au petit matin, aux abords de Notre-Dame, à Paris, de six bonbonnes de gaz dans une Peugeot 607 sans plaque d’immatriculation et les feux de détresse allumés, la traque s’est soldée par une opération antiterroriste particulièrement spectaculaire.

Lancés dans ce que Bernard Cazeneuve a appelé une «véritable course contre la montre» pour retrouver la piste du ou des derniers occupants de la berline «piégée», les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont localisé jeudi soir trois jeunes femmes dans le secteur de la gare de Boussy-Saint-Antoine. Âgées de 39, 23 et 19 ans, décrites par le ministre de l’Intérieur comme «radicalisées» et «fanatisées», elles étaient sur le point, toujours selon l’hôte de la Place Beauvau, «de préparer de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes».

Traquées depuis ce week-end

L’une d’elles n’est autre que l’une des filles du propriétaire de la Peugeot 607, que les limiers traquaient sans relâche depuis ce week-end. À l’approche d’un des agents de l’antiterrorisme, la jeune femme a soudain brandi un couteau avant de se jeter sur lui et de le frapper. Le policier a esquivé le coup. Touché à l’épaule, il a été hospitalisé sans que ses jours soient en danger. L’agresseuse a, quant à elle, été neutralisée par un projectile tiré par l’un des collègues du fonctionnaire pris pour cible.

Saluant la «rapidité de l’enquête» et la «mobilisation sans faille» des services de police épaulés par les militaires de «Sentinelle», Bernard Cazeneuve assure que cette opération a «évité à notre pays de connaître un nouveau drame».

Deux couples en garde à vue

Outre les trois fanatiques capturées jeudi soir, deux couples avaient été placés en garde à vue dans les locaux de la section antiterroriste de la brigade criminelle. Constitués de deux frères et de leurs compagnes respectives, ils sont originaires de Châlette-sur-Loing, commune d’environ 13 000 âmes en marge de Montargis, dans le Loiret, où se trouvent plusieurs mosquées considérées comme modérées. Le premier a été intercepté mardi à 13 h 30 à près de 600 kilomètres de là, sur une aire de repos de l’autoroute A7, à hauteur d’Orange, alors qu’il filait vers l’Espagne avec leurs trois enfants. L’homme, âgé de 34 ans, et sa compagne, 29 ans, ont été placés en garde à vue. Tous les deux sont déjà connus des services de renseignement, ils sont fichés S («Sûreté de l’État») en raison de leur proximité avec la mouvance radicale.

Dans la foulée, le second couple, présenté comme «discret» et âgé quant à lui d’une vingtaine d’années, a été interpellé mercredi soir dans le Loiret avant d’être lui aussi conduit au 36, quai des Orfèvres. Les policiers semblent surtout intéressés par les épouses, qui seraient en relation avec la fille du propriétaire de la Peugeot 607. Connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, celui-ci a été placé en garde à vue puis relâché mardi soir. C’est lui qui aurait prévenu la police de la disparition de sa fille avant le week-end, déjà dans le fichier des services pour ses velléités de rejoindre la Syrie.

Agissant dans le cadre d’une enquête préliminaire pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», les policiers tentent de déterminer si le cœur de Paris, où se trouve aussi le siège de la Préfecture de police, vient d’échapper à un attentat à la voiture piégée. Outre un carnet rédigé en arabe et en cours d’exploitation, trois petits bidons de gazole ont été retrouvés dans le coffre de la voiture. Une des six bonbonnes, retrouvée vide sur le siège avant, avait-elle libéré son contenu dans l’habitacle dans l’attente d’une étincelle? Pourquoi le ou les occupants ont-ils allumé les feux de détresse avant d’abandonner la berline? «Pour un projet d’attentat, la méthode utilisée est très curieuse», a estimé jeudi une source policière.

260 interpellations en lien avec le terrorisme en 2016

Si l’idée d’un «avertissement» est jugée «peu crédible» tant cette logique est éloignée de celle des terroristes islamistes, qui frappent fort et par surprise, celle d’un «test» avant la commission d’un acte spectaculaire est prise au sérieux jusqu’au sommet de l’État. Lors de son discours sur «la démocratie face au terrorisme», François Hollande a révélé jeudi que des «tentatives» d’attentat ont été déjouées «ces derniers jours».

Quelques heures après, une opération terroriste virait à l’aigre dans l’Essonne. Le soir même où le chef de l’État avait pris la parole à l’occasion du 14 Juillet, un Tunisien de 31 ans tuait 86 personnes en fonçant à bord d’un camion sur la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour assister au feu d’artifice de la fête nationale. Martelant jeudi soir que la France est face à «une menace inédite» aux «dimensions protéiformes», «particulièrement complexe à détecter et à prévenir», Bernard Cazeneuve a quant à lui rappelé que les trois arrestations de jeudi soir viennent s’ajouter aux «260 interpellations d’individus en liens avec des réseaux terroristes depuis début 2016». À ses yeux, il s’est agi d’autant d’attentats et de drames évités.

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