Belfort : le bras de fer entre Alstom et l'Etat résumé en 5 actes

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Belfort : le bras de fer entre Alstom et l'Etat résumé en 5 actes

Date: 13 September 2016 | 4:59 pm

Dossier empoisonné à huit mois de la présidentielle, Alstom est devenu ce mardi 13 septembre l’enjeu d’un bras de fer entre son PDG Henri Poupart-Lafarge et François Hollande. Le premier, après avoir été dans un premier temps inflexible sur son projet de quasi-fermeture de l’usine de Belfort, semble désormais vouloir temporiser, alors que le second a promis de tout faire pour pérenniser le site.

1Hollande met la pression sur Alstom

François Hollande avait annoncé lundi à l’issue d’une réunion interministérielle d’urgence n’avoir qu'”un seul objectif et un seul“, celui de “sauver les activités ferroviaires d’Alstom à Belfort” en aidant à “apporter des commandes” au groupe ferroviaire. Ce mardi matin, lors d’un voyage en Roumanie, le chef de l’Etat a redit que “tout sera[it] fait pour que le site de Belfort soit pérennisé” pour “plusieurs années”. 

Il est “hors de question que le site de Belfort ferme”, a renchéri dans la foulée le Premier ministre Manuel Valls.

2La direction d’Alstom  campe sur ses positions

Malgré les pressions du gouvernement, Henri Poupart-Lafarge, le PDG du groupe, affirme dans un message envoyé ce mardi aux salariés que la pénurie de commandes rend “aujourd’hui impossible […] un avenir pérenne pour les activités du site de Belfort”. “Nous avons maintenu une production à Belfort aussi longtemps que nous l’avons pu”, assure-t-il.

3L’erreur de com’ d’Alstom

Problème : selon “L’Est Républicain”, le mail en question reçu par le personnel ne devait pas leur être transmis. 

“Nous venons de rencontrer le directeur du site, qui paraissait très mal à l’aise. Il nous a affirmé que les mails reçus ce matin par le personnel Alstom était la conséquence d’une erreur de manipulation”, a confié au quotidien le syndicaliste CGT Eddie Cardot.

Dans ce communiqué distribué par erreur, Alstom n’envisageait ni fermeture de son site franc-comtois, ni plan social, mais environ 400 salariés devaient se voir proposer des postes dans d’autres usines du groupe dans l’Hexagone.

La direction a fait savoir que ce message avait été écrit le week-end dernier et envoyé “pour des raisons internes” mais ne constituait pas “une réponse aux annonces du gouvernement”.

Un couac qui n’a pas échappé au Premier ministre. “Il ne peut pas y avoir de bras de fer puisque ce site [de Belfort] sera pérennisé et j’ai le sentiment qu’un certain nombre de déclarations qui ont été faites ce matin ne sont plus à l’ordre du jour”, lâche Manuel Valls, qui fait clairement allusion au mail envoyé par erreur aux salariés.  

4 Le gouvernement pointé du doigt

Dans le mail en question, le PDG d’Alstom ajoute avoir “alerté les pouvoirs publics sur cette situation depuis plusieurs mois”. Une précision qui contredit la position du gouvernement, qui jure avoir été pris au dépourvu par le groupe. Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, a assuré ce mardi que l’Etat n’avait pas été “informé du tout” de la volonté d’Alstom d’arrêter la production ferroviaire sur son site de Belfort, ce qui constitue à ses yeux une “faute”.

Plusieurs élus de droite ont affirmé mardi avoir alerté le gouvernement de longue date sur la situation du carnet de commande de l’usine Alstom. “Depuis l’été 2015, nous agissons et alertons le gouvernement avec l’ensemble des parlementaires concernés par un site Alstom dans leur circonscription, dans le Doubs et en Alsace”, affirme Cédric Perrin, sénateur LR du Territoire de Belfort, dans un communiqué signé avec Damien Meslot, député-maire LR de Belfort et Michel Zumkeller, député UDI du Territoire de Belfort.

5Alstom tente de calmer le jeu

Le gouvernement n’entend pas plier devant la direction d’Alstom et donne des gages aux salariés. A l’issue d’une réunion qui s’est tenue en début d’après-midi à Bercy avec les syndicats du groupe, le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, a demandé un délai supplémentaire pour trouver des solutions. Ainsi, l’exécutif “se donne dix jours pour apporter des réponses” aux quelque 400 salariés de l’usine de Belfort.

“Des rencontres vont être organisées avec l’ensemble des acteurs de la filière (ferroviaire) dans les prochains jours”, précise un représentant de la CGT qui cite la SNCF, la RATP et le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif).

Christophe Sirugue “a demandé à être jugé sur ses actes dans dix jours”, a confirmé André Fages de la CFE-CGC Belfort.

La direction a d’ores et déjà fait savoir qu'”aucune décision ne sera prise” avant la fin des discussions sur Belfort avec l’Etat.

A.S. et G.S. avec agences

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