Sarkozy crée la polémique sur le climat

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Sarkozy crée la polémique sur le climat

Date: 15 September 2016 | 5:21 pm

Ses rivaux à droite et les écologistes l’accusent de nourrir les thèses des climato-sceptiques.

C’est un sujet sur lequel Nicolas Sarkozy, premier invité jeudi soir de «L’Émission politique» sur France 2, était très attendu. S’exprimant mercredi devant l’Institut de l’entreprise, il avait évoqué, au cours d’une série de questions-réponses, le réchauffement climatique. Il avait estimé que «l’homme n'(en) était pas le seul responsable». «On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change», a aussi affirmé l’ex-chef de l’État.

La polémique s’emballe. Les déclarations de Nicolas Sarkozy perçues comme «un virage climato-sceptique» provoquent une levée de boucliers dans une partie de la classe politique, chez les écologistes comme chez les Républicains. La secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, Barbara Pompili, juge sur i-Télé le «discours régressif et rétrograde», quand le secrétaire national d’EELV, David Cormand, invité du «Talk Le Figaro», déplore «un renoncement», pour celui qui avait mis «en place le Grenelle de l’environnement lorsqu’il était président».

«Un reniement de plus»

À droite aussi, certains réagissent avec virulence. Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Écologie de Nicolas Sarkozy, avec lequel elle avait défendu «le principe de précaution», évoque elle aussi «un reniement de plus». Une façon de rappeler que Nicolas Sarkozy parle désormais «du principe de responsabilité». Alain Juppé, candidat à la primaire, et qui fit un bref passage à l’Écologie en 2007, a lui aussi vivement réagi. «Je suis convaincu que l’activité humaine (…) porte une lourde part de responsabilité dans la production de gaz à effet de serre, et donc dans le réchauffement climatique. Le nier, c’est nier une réalité», a répondu jeudi le maire de Bordeaux, lors d’une visite au Salon international de l’élevage à Rennes (Space). «C’est d’ailleurs le consensus des scientifiques, pas l’avis d’Alain Juppé», s’est-il défendu alors que le Giec avait le même jour, par la voix de son vice-président Jean Jouzel, accusé Nicolas Sarkozy d’être «une véritable girouette». «C’est lui qui lance le Grenelle de l’environnement en 2007, il était semble-t-il convaincu de la réalité du réchauffement climatique. Or depuis 2007, les preuves se sont accumulées», a défendu le scientifique sur Europe 1.

«Nicolas Sarkozy n’a pas nié la question du réchauffement climatique», déclare Gérald Darmanin au Figaro. Le coordonnateur de la campagne de Nicolas Sarkozy était présent à ses côtés, mercredi: «Ne faisons pas passer Nicolas Sarkozy pour un climato-sceptique! Il est évident qu’il y a de la pollution! Il a expliqué que le réchauffement climatique ne peut pas être le seul fait de l’homme», dit-il. «C’est factuel», insiste Brice Hortefeux. À l’Institut de l’entreprise, Nicolas Sarkozy a ainsi pris l’exemple du Sahara: «Cela fait 4 milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie.»

Au cours d’un petit déjeuner, le candidat à la primaire a été interrogé par une centaine de participants sur des sujets aussi différents que l’ubérisation de l’économie ou la guerre en Syrie, jusqu’à cette question donc sur les grands enjeux mondiaux et la COP21, la conférence internationale sur le climat qui s’est tenue à Paris à la fin de l’année 2015. Nicolas Sarkozy a saisi la balle au bond pour lier cette question à un de ses sujets de prédilection: «le choc démographique». «Dans trente ans, le Sahel comptera 200 millions d’habitants, le Nigeria sera le troisième pays le plus peuplé du monde, devant les États-Unis, il y aura 2,3 milliards d’habitants en Afrique», développe-t-il. Dès lors, pour Nicolas Sarkozy, «la France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n’a connu un choc démographique tel qu’elle va le connaître, puisque nous serons 11 milliards dans quelques années. Là, l’homme en est directement responsable. Et personne n’en parle», a-t-il regretté, soulignant au passage, explique Gérald Darmanin, «que le choc démographique a des répercussions directes sur le climat».


Sondage: égalité entre les deux favoris

Avant la tenue hier soir du nouveau rendez-vous politique de France 2, Nicolas Sarkozy, premier invité de «L’Émission politique», pouvait avoir le sourire. Un deuxième sondage le donne à égalité avec Alain Juppé.

Après celui TNS Sofres paru dans Le Figarole 28 août, une enquête Harris Interactive pour France Télévisions indique qu’il fait jeu égal avec Alain Juppé, longtemps considéré comme le favori des sondages. Les deux candidats à la primaire sont à égalité au premier tour, avec 37 % des intentions de vote.

La remontée de Nicolas Sarkozy s’explique par le large soutien des sympathisants Républicains. 54 % d’entre eux voteraient Nicolas Sarkozy contre 23 % pour Alain Juppé. La progression de l’ancien président s’explique aussi par le soutien des sympathisants FN: 42 % voteraient pour lui contre 23 % pour Alain Juppé.

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