Mantes-la-Ville aura sa mosquée, malgré l'avis de son maire FN

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Mantes-la-Ville aura sa mosquée, malgré l'avis de son maire FN

Date: 16 September 2016 | 2:29 pm

Le maire FN de Mantes-la-Ville voulait préempter un local pour y installer sa police municipale au lieu d’une salle de prière musulmane, mais la justice lui a expliqué une troisième fois, ce vendredi 16 septembre, que cela ne serait pas possible.

Le maire n’agit pas pour l’intérêt général d’après la justice

Dans deux décisions rendues vendredi, le tribunal administratif de Versailles, saisi par le préfet des Yvelines et l’Association des musulmans de Mantes-Sud (AMMS), a estimé qu’il y avait « détournement de pouvoir » de la part du maire frontiste Cyril Nauth et a annulé cette préemption. La décision du maire de s’arroger ce local, « bien que formellement motivée par la nécessité d’installer le service de police municipale dans des locaux plus spacieux, procède en réalité d’une volonté d’utiliser le droit de préemption afin de faire échec à l’installation d’un lieu de culte musulman », relève notamment le tribunal, et ce « véritable mobile » est « tiré de considérations étrangères à un but d’intérêt général ».

Saisie en référé par le préfet et l’association cultuelle, cette même instance avait déjà donné tort à Cyril Nauth en août 2015, de même que la cour administrative d’appel en octobre de la même année. Pour le maire frontiste, ce nouveau refus de la justice est « scandaleux et inique. On favorise l’émergence d’un lieu de culte à la place d’un équipement public dédié à la tranquillité et à la sécurité. Compte tenu du contexte national, c’est absolument incompréhensible. » L’édile a indiqué qu’il allait « vraisemblablement faire appel ».

« Un acharnement municipal contre la communauté musulmane »

Au coeur de ce long bras de fer politique et judiciaire : l’ancienne trésorerie municipale, un local resté longtemps inoccupé d’au moins 500 m2. L’ancienne mairie socialiste avait validé le transfert vers ces locaux de la salle de prière vétuste de l’AMMS, installée dans un pavillon voué à la démolition. Mais l’élection en mars 2014 du maire frontiste, qui avait fait de la lutte contre ce projet un point central de sa campagne, avait changé la donne.

L’association, qui avait pu racheter les locaux à la communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines en octobre 2015 au grand dam de la mairie FN, y a sommairement aménagé depuis une salle de prière qui peut aujourd’hui légalement accueillir 300 fidèles, selon son président Abdelaziz El Jaouhari. Ce dernier s’est félicité vendredi de la décision du tribunal, dénonçant « un acharnement municipal contre la communauté musulmane, accompagné de mensonges à la population et de gaspillage de l’argent des contribuables », référence notamment aux frais de justice que la mairie devra rembourser à l’association.

Seulement 12 agents de police pour un local de 500 m²

De son côté, Me François Benech, avocat du préfet des Yvelines, s’est réjoui que le tribunal ait estimé que « le mobile qui habitait le maire n’était pas légal et qu’il avait dépassé la ligne blanche ». Cyril Nauth avait officialisé au printemps 2015 son intention de transférer dans le local visé par la préemption l’actuel poste de police municipale – un pavillon de 90 m2, inadapté selon lui – dans le cadre d’un renfort de ses effectifs. Lors de l’audience devant le tribunal le 2 septembre, le rapporteur public avait souligné « le coût » important du projet du maire (760 000 euros) et le fait que ce local était « disproportionné » pour une équipe de « 12 agents de police municipale ».

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